Besançon - Micropolis
du 03 au 05 avril 2020
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Le Cedra relaie et s’associe à cet appel !

Agissez et Diffusez/ Vieilles cocottes minutes nucléaires prolongées = danger exacerbé + déchets multipliés !

Voulez-vous que les réacteurs nucléaires de 900 MW (dont Bugey) fonctionnent jusqu'en 2040 et plus ?
Si oui, ne faites rien !
NON ? Alors allez urgemment mettre un commentaire sur la consultation en cours de l'Autorité de Sûreté Nucléaire (ASN)
(prolongation des réacteurs nucléaires français jusqu'à 60 ans d'âge)
C'est ici :
http://www.asn.fr/Reglementer/Consultations-du-public/Consultations-du-public-en-cours/Projet-de-position-de-l-ASN-relative-aux-orientations-generiques-du-reexamen-periodique-de-surete-associe-aux-quatriemes-visites-decennales-des-reacteurs-de-900-MWe

Attention, c'est jusqu’à ce 16 février inclus
Avant de mettre le commentaire, il faut aller tout en bas (après les ‘commentaires’), et cliquer sur ‘créer un compte’.
Dès que celui-ci est créé, vous recevrez un e-mail et vous pourrez alors écrire un commentaire.
Si vous manquez d'inspiration, vous pouvez lire mon commentaire ci-après et aussi ceux qui sont déjà mis sur le site de l'ASN.
Vous pouvez aussi simplement écrire un commentaire court du type "je refuse la prolongation de ces vieux réacteurs à plus de 40 ans" ou autre.
Il n'y a que 77 commentaires pour une consultation nationale c'est bien peu, car pour la prolongation jusqu'en 2022 du réacteur Bugey 5, on avait été plus de 1300.
Alors à vos claviers. Ici ce n'est pas que le commentaire qui compte, mais aussi et surtout le nombre.
Mon commentaire :
Va t'on vers l'éternité de nos vieux réacteurs nucléaires ?
Après une série de prolongation jusqu'à 40 ans (initialement la durée prévue était de 20 puis 30 ans puis 40 ans), voilà qu'EDF veut une prolongation de 40 ans + 20 ans soit jusqu'à plus de 60 ans de durée de vie.
L'heure est grave pour l'ASN, car accepter une telle prolongation, c'est aussi prendre la responsabilité de l'accident qui ne manquera pas de se produire en France et qui, comme à Tchernobyl et Fukushima, anéantira un vaste territoire qui deviendra inhabitable pour au moins une centaine d'année.
Certes l'ASN demande plus de sécurité, mais il faut bien être conscient que les règles de sécurité sont régulièrement bafouée par EDF, car elles sont contraignantes et source de perte de rentabilité pour l'entreprise.
On voit bien à la lecture des documents de la consultation qu'il y a encore des problèmes sur ce respect des règles. Ainsi dans l'avis IRSN n° 2015-00098, il est écrit "Tout d'abord, l'IRSN relève que malgré ces processus, des constats voire des écarts portant sur la conformité des installations sont régulièrement détectés de manière fortuite.". Ceci continuera malgré les nouvelles règles qui auront pu être définies pour la quatrième visite décennale (VD4), car c'est humain et une série d'incidents mal gérés pourra nous conduire à l'accident grave (pas besoin d'un tsunami ou autre agression externe). Les installations vieillissantes seront encore plus sensibles, car :
-    comment garantir la fiabilité d'une cuve de réacteur qu'on ne peut changer et qui est soumise à des irradiations très importantes ?
-    comment garantir la bonne résistance d'une enceinte de confinement dont le béton se fragilise avec le temps ?
On veut nous faire croire qu'on a les solutions miracles, mais pourquoi a-t'on déjà remplacé tous les couvercles des cuves des réacteurs de 900 MW ? Ils étaient fragilisés et présentaient des défauts, mais pas les cuves !
Quant aux enceintes de confinement, celle du réacteur de Bugey 5 est anormalement fuyarde et, pour le moment, le réacteur est arrêté car ne respectant plus les critères de sûreté, jusqu'à une éventuelle réparation miracle.
On ne fait pas du neuf avec du vieux et on veut nous faire croire que ces réacteurs vont pouvoir répondre aux règles de sûreté d'un EPR conçu 25 ans plus tard (et qui peine à être construit aussi bien en Finlande qu'en France). On veut aussi qu'ils respectent toutes préconisations résultant de l'accident de Fukushima, alors qu'on est déjà 5 ans après l'accident et que les plus importantes ne sont pas encore réalisées, c'est à dire qu'on fait fonctionner des réacteurs qui ne sont pas sûrs.
D'ores et déjà, on sait que les réacteurs de 900 MW ne pourront rendre sûr leur piscine de stockage des combustibles irradiés, cette installation restant très sensible aussi bien à une agression interne qu'à une agression externe. Une solution proposée serait de construire une piscine centrale pour diminuer la masse de combustible stocké par réacteur, mais il y en aura toujours un peu et on va accroître les flux de transports très dangereux. La meilleure solution est sans doute d'arrêter au plus vite ces réacteurs, qui ne pourront jamais être sûrs comme souhaité.
Dans ce contexte, l'ASN a raison d'être exigeante et on voit, à la lecture (rapide) de l'annexe à la lettre de positionnement, qu'il y a de nombreuses insuffisances de la part d'EDF. Pourra-t'elle les satisfaire toutes, ou y aura-t'il négociation pour déroger au cas par cas pour certains réacteurs ? Et si EDF respecte tout, le coût ne sera t'il pas très élevé, d'autant que la Cour des comptes vient déjà d'annoncer au moins 100 milliards d'euros (valeur 2013) contre 56,4 dans la bouche d'EDF.
C'est bien le risque avec les phrases du type :
-    "limiter les conséquences à un niveau acceptable",
-    "aussi faible que raisonnablement possible",
-    "des méthodes «réalistes» ou «optimisées» pourront être utilisées",
de voir les contraintes économiques l'emporter sur les exigences de sûreté.
Ces phrases sont à exclure. Quant au contexte économique, il n'est pas favorable à la sûreté car EDF est déjà en très mauvaise situation financière (éviction du CAC 40, endettement très élevé, achat forcé d'une partie d'AREVA, …) et le contexte énergétique n'est plus favorable à l'énergie nucléaire, celle-ci devenant plus coûteuse qu'une bonne partie des énergies renouvelables. Le seul espoir pour ne pas trop augmenter le coût du kWh électrique était justement de prolonger la durée de vie des anciens réacteurs nucléaires, mais rien n'est moins sûr, car le doublement du coût annoncé par la Cour des comptes, ainsi que les dépenses insuffisamment considérées pour le démantèlement des réacteurs nucléaires et pour la gestion à long terme des déchets radioactifs, vont faire perdre le peu de compétitivité restant à cette énergie face au solaire photovoltaïque, à l'éolien terrestre, etc..
Inutile donc de vouloir prolonger ces vieux réacteurs à plus de 40 ans. Il faut vite tourner la page de l'énergie nucléaire avant que l'accident grave arrive. Une autre politique énergétique est possible pour la France sans cette menace et aussi sa pollution radioactive insidieuse liée aux rejets réguliers de liquides et gaz radioactifs.
Mais la politique énergétique n'est pas du ressort de l'ASN, alors qu'elle soit très exigeante vis à vis d'EDF pour que ça coûte très cher et que les 4ème visites décennales, si elles  doivent avoir lieu, le soit à 10 ans et pas à 11 ou 12 ans comme c'est souvent le cas.
Malgré tout si un accident arrive, l'ASN aura sa part de responsabilité.
Joël Guerry
Ambérieu en Bugey